Réduire la vitesse moyenne de circulation a un effet bénéfique sur les émissions polluantes et sur la sécurité routière, or les maires ont la capacité d’abaisser de 50 à 30 km/h la limitation de vitesse sur leurs voiries, hors voies à grande circulation. Un rapport d’étude réalisé par des stagiaires de l’Institut régional d’administration de Lyon et publié par le Cerema* tire les leçons de cinq expériences locales afin d’éclairer les collectivités sur la manière de procéder. L’abaissement de la limitation de vitesse ne saurait en effet se résumer à un arrêté et à la pose de panneaux de signalisation. Pour des raisons d’efficacité mais aussi d’acceptabilité sociale, une telle mesure nécessite un travail technique préparatoire et un portage politique. Les auteurs de l’étude insistent notamment sur la nécessité d’établir un diagnostic préalable fondé sur des relevés de vitesses, des tests destinés à mesurer l’impact de la circulation à 30km/h sur les temps de trajet, des relevés acoustiques et des émissions polluantes, ainsi qu’une analyse des flux de circulation (pour éviter des itinéraires de délestage). Il revient ensuite aux élus d’expliquer la mesure en se fondant sur des arguments factuels. La démarche apparaîtra d’autant plus solide qu’elle sera menée en concertation (services techniques, urbanisme, experts extérieurs). Que la commune ait conservé ou pas une compétence de police de la circulation, elle a intérêt à porter le projet à l’échelon intercommunal. La généralisation des 30 km/h deviendra alors plus lisible pour les usagers. L’abaissement de la vitesse doit par ailleurs s’inscrire dans un plan de circulation comportant des aménagements (chicanes, écluses, coussins berlinois, double-sens cyclables…) et une révision du régime de priorité. Enfin, une communication et une évaluation régulières sont nécessaires afin que la mesure soit durablement acceptée par les usagers.
* « Politique de généralisation du 30 km/h. Recommandations issues du retour d’expérience de cinq collectivités », disponible sur www.cerema.fr
Jean-Philippe ARROUET le 21 septembre 2023 - n°1221 de La Lettre de l'Environnement Local des communes et des intercommunalités