« Nous avons fait un PLUi pour qu’il devienne un outil stratégique » Abonnés
Notre politique d’aménagement actuelle n’est pas fondée sur l’extension urbaine mais sur la reconquête de friches industrielles et sur des opérations sur le bâti vacant. Nous étions donc dans une démarche ZAN avant que le ZAN n’arrive. Nous avons tout de même conservé 35 hectares de zones à urbaniser que nous avions déclassés, dans le doute. Aujourd’hui, on ne les a quasiment pas utilisés. L’extension urbaine représente, au maximum, un hectare.
Cette restriction a-t-elle été acceptée et comment préparez-vous le ZAN ?
Nous avons eu des recours mais qui n’ont pas abouti. Beaucoup de personnes ont déposé des permis de construire mais les maires n’ ont pas voulu faire de sursis à statuer. Cette période a cependant été compliquée avec le portage politique du PLUi. Ce le sera de nouveau avec le ZAN. Notre SCoT entre en révision et nous serons vigilants pour y faire apparaître les avantages des territoires ruraux et de montagne. Il faut renverser la logique pour raisonner en termes de géographie, de topographie et d’équilibre des différents écosystèmes. Nous serons dans la logique du ZAN si nous avons une stratégie du territoire durable.
Comment vous préparez-vous à faire valoir ces avantages ?
Attention aux bureaux d’études extérieurs qui ont parfois des formules toutes faites, fondées sur des données chiffrées. Il faut avoir une bonne idée du diagnostic territorial pour connaître l’existant et savoir où il sera pertinent de se développer. L’aménagement du territoire est dans la même logique que la consommation énergétique. Si on est obligé de consommer, il faut que ce soit de manière intelligente.
L’adoption du PLUi vous a-t-elle permis de stabiliser ce cadre ?
Nous avons fait un PLUi pour qu’il devienne un outil stratégique mais le document d’urbanisme ne suffit pas en lui-même. Il faut des actions sur les volets paysagers et urbains, une politique concrète avec des fiches actions opérationnelles. Par exemple pour les zones NP (zone naturelles ou forestières soumises à des restrictions plus strictes), nous avons envisagé de les défricher puis nous avons réalisé une étude et un plan de travail avec la chambre d’agriculture. Le PLUi permet d’enrayer le développement anarchique et aléatoire d’un territoire dans ses espaces naturels, agricoles et urbains.
Ces restrictions préservent l’environnement mais il faut que les habitants puissent rénover leur logement par exemple, ne serait-ce que pour l’efficacité énergétique...
Nous interdisons aujourd’hui de détruire le bâti ancien mais si nous ne faisons rien les bâtiments ne s’amélioreront pas. Comme nous avons l’instruction des permis de construire, dès que je vois un projet qui risque de dégrader le bâti ancien, je contacte les propriétaires pour les conseiller. Nous pouvons les orienter sur la forme de la rénovation mais pas sur les matériaux. Nous avons une annexe architecturale du PLUi consacrée au bâti ancien et un guide de conseils.
Vous n’êtes pas en secteur protégé, les habitants restent donc libres de « moderniser » leur maison…
C’est difficile pour des habitants qui n’ont pas conscience que leur bâtiment c’est du patrimoine, même si ce ne sont pas des maisons à colombages mais en granit. Cette architecture est adaptée à la montagne et fait aussi partie du patrimoine. Pour éviter sa dégradation, il faut faire de la pédagogie. J’appelle les habitants concernés et, s’ils sont d’accord, je me rends sur place pour évaluer la dégradation du bâti, les désordres structurels, leur plan de travaux. Je les oriente vers une méthode, un type de rénovation et des financements de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), de la collectivité européenne d’Alsace, de la communauté de communes. C’est tout un ensemble de travaux qu’il faut valoriser financièrement.
Jean-Philippe ARROUET le 05 décembre 2024 - n°1247 de La Lettre de l'Environnement Local des communes et des intercommunalités
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