Extension du cimetière : l’expérience nouvelle d’une forêt cinéraire Abonnés
Courante en Allemagne, cette première forêt cinéraire en France s’étend sur 2 hectares et permettra d’inhumer 12 urnes cinéraires au pied d’une quarantaine d’arbres sélectionnés, soit près de 500 concessions disponibles.
Au-delà d’un nouveau type de cimetière offrant une alternative à l’inhumation traditionnelle, ce site permet de protéger la forêt qui ne sera plus exploitée ; les arbres pourront donc vieillir et atteindre leur maturité.
Une solution économique
Depuis l’interdiction de l’usage des produits phytopharmaceutiques, les communes sont contraintes de revoir l’entretien des cimetières au profit d’un désherbage mécanique ou thermique, dont les coûts sont plus importants.
La forêt cinéraire, destinée uniquement aux urnes cinéraires, présente l’avantage d’un entretien très réduit et à moindre coût. La commune de Muttersholtz précise d’ailleurs que la présence au sol de végétation, ronces, fougères, jeunes arbres est inhérente à la nature même du site forestier et ne saurait donner lieu à une contestation des familles.
Pour limiter les coûts d’entretien, d’autres communes ont préféré enherber leur cimetière, comme à Nohant en Graçay (Cher). Pour un enherbement résistant aux saisons, il faut choisir un mélange d’herbes adapté à la région, par exemple de la fétuque et du ray gras résistant à la sécheresse pour le Berry. Des tontes régulières sont toutefois nécessaires. D’autres communes ont choisi de goudronner leur cimetière, comme un cimetière à La Roche-sur-Yon, mais ce choix peut ne pas plaire aux visiteurs.
Quelles contraintes pour une forêt cinéraire ?
Rappelons qu’un site cinéraire peut être aménagé en dehors du cimetière communal ; il doit comprendre un espace aménagé pour la dispersion des cendres et être doté, notamment, d’un équipement mentionnant l’identité des défunts (art. L. 2223-2, CGCT). Contrairement à un cimetière, un site cinéraire isolé n’a pas à respecter de distance minimale par rapport aux habitations.
Pour la création d’un site cinéraire, il n’existe pas de renvoi dans le code général des collectivités territoriales aux dispositions régissant la création et l’extension de cimetières : il n’y a donc pas de procédure imposée par les textes. Ainsi, l’édification d’une clôture n’est pas obligatoire.
Adapter le règlement intérieur de la forêt cinéraire
Le maire a établi un règlement intérieur particulier pour ce lieu d’inhumation qui ne permet de recevoir qu’une seule urne par cavurne. Il insiste particulièrement sur la vie de l’arbre qui peut subir des maladies ou être victime d’intempéries : les arbres amenés à dépérir seront coupés et la souche sera laissée en place, dans la mesure du possible. L’achat d’une concession implique donc le choix d’un emplacement mais ne garantit en rien la permanence de l’arbre support de la concession.
La commune indique qu’elle fournit et installe les pavés commémoratifs où sont indiqués les noms, prénoms, dates ou années de naissance et de décès des défunts. La commune a également estimé que tout autre signe ou ornement funéraire non-biodégradable (plaques, croix, vases, pots en plastique…) est interdit.
Gaël Gasnet le 01 décembre 2022 - n°1204 de La Lettre de l'Environnement Local des communes et des intercommunalités
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